Affiche_JNP2010.jpgDepuis 1996, le Groupe National de Concertation sur la Prison (GNCP), réseau d’associations intervenant dans et autour de la prison, se réunit 4 à 5 fois par an pour impulser une campagne nationale annuelle d’envergure sur les problématiques carcérales. Celui-ci se compose de l’ANVP (Association Nationale des Visiteurs de Prison), des aumôneries catholique, musulmane et protestante, du GENEPI, de la FARAPEJ (Fédération des Associations Recherche Action Prison et Justice), de la Croix-Rouge, de la FNARS (Fédération Nationale des Associations d’accueil et de Réinsertion Sociale), de la CIMADE (Comité Inter Mouvements Auprès des Evacués), du Secours Catholique et de l’UFRAMA[i] (maisons d’accueil des proches). Si l’année dernière la thématique retenue était la citoyenneté, ce mois-ci nous vous proposons un débat sur l’expression des personnes détenues.

 

 

PRISON : LA DERNIERE GRANDE MUETTE ?

 

Un collectif associatif rennais constituant le Groupe Local de Concertation sur la Prison (GLCP) décline l’évènement au plus près de chez vous, à Rennes. Le GENEPI-Rennes accompagne à cette occasion l’AJU (Aide Juridique d’Urgence), l’ANVP, l’Arc-en-ciel (maison d’accueil des proches), les aumôneries catholique, protestante et musulmane, la CIMADE, la Croix-Rouge, Enjeux d’enfants (liens enfants-parents détenus), l’OIP (Observatoire International des Prisons), le Secours Catholique et Ti Tomm (maison d’accueil). Nous vous proposons ainsi plusieurs évènements :

 

 

Samedi 20 novembre, de 10H à 18H

Les différentes associations du GLCP seront présentes sur la Place de la Mairie afin que vous veniez à notre rencontre. C’est l’opportunité d’échanger, de s’informer, de débattre autour des différentes problématiques concernant la prison, et pourquoi pas de proposer des actions.

 

Mardi 23 novembre, à 18H30

Nous vous invitons à l’Espace Ouest-France, 38 rue du Pré-Botté, pour une rencontre-débat sur l’expression des personnes détenues. Sera présent Dominique Wiel, incarcéré pendant 900 jours, condamné, puis innocenté lors de l’affaire d’Outreau. L’animation sera assurée par Michel Tanneau, du quotidien Ouest-France.

 

03C003C002522554-photo-affiche-qu-un-seul-tienne-les-autres.jpgDimanche 28 novembre, 18H30.

Nous vous donnons rendez-vous au ciné-TNB, 1 rue Saint-Hélier, pour la projection du film de Léa Fehner : Qu’un seul tienne et les autres suivront. [Tarifs habituels de la salle – 02.99.31.16.65]. Les destins croisés de Stéphane, Zohra et Laure, réunis par hasard dans les parloirs des prisons pour des raisons très différentes.

 

Pour information, en parallèle de l’évènement :

Samedi 20 novembre, 15H30.

Aux Champs Libres se déroulera la conférence « Justice et émotion(s) ». Avec C. Regnard, magistrat et président de l’Union syndicale des magistrats, T. Fillon, avocat pénaliste, et M. Hardouin, avocat, enseignant au Centre de formation à la profession d’avocats et à l’Ecole nationale de la magistrature.

 

 

Le GENEPI vient de publier un Passe-Murailles sur la question de l'expression collective des personnes détenues, disponible en version complète ici :   http://www.genepi.fr/medias/actualites/fichier_525.pdf

 

 

Le communiqué de presse du GNCP :

 

« Prison, la dernière grande muette ?

Si la peine de prison emporte privation de la liberté d’aller et de venir, elle n’affecte pas, en principe, la liberté d’expression. Pourtant, même si l’interdiction de parler n’y est plus en vigueur, la prison réduit encore au silence celles et ceux qu’elle enferme. La liberté d’expression, droit fondamental reconnu comme tel par la Constitution française et la Cour européenne des droits de l’Homme, fait parfois pâle figure derrière les murs des établissements pénitentiaires. Absence de droit d’association, difficultés pratiques à mettre en oeuvre le droit de vote, limitations des correspondances écrites et téléphoniques, interdiction de signer la moindre pétition… Si de timides progrès ont été posés à l’état de principe par la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, un mutisme contraint frappe encore les « usagers du service public pénitentiaire ». Contre tout espoir, ces nouvelles dispositions législatives, en effet, ne se conforment même pas à la règle pénitentiaire européenne n°50, qui préconise de « donner la possibilité aux personnes détenues de discuter ensemble de questions relatives à leurs conditions et d'en faire part aux autorités pénitentiaires ». Pour les dizaines de milliers de personnes prévenues ou condamnées qui se trouvent actuellement derrière les barreaux, cette absence de prise de parole mène, parfois, à des conflits très violents. Une bonne partie de ces incidents auraient pu être évités si des espaces de parole avaient été aménagés.

La loi contrôle strictement les transmissions d’informations entre l’intérieur et l’extérieur. Quand elle parvient à franchir les murs, illégalement ou après une libération, la parole des personnes détenues est presque systématiquement disqualifiée par le caractère stigmatisant de la sanction pénale. Souvent, aujourd’hui, c’est grâce à la caution morale que représentent certaines personnalités ou certaines associations que la voix des personnes incarcérées et de leurs familles parvient péniblement à se faire entendre dans l’espace public. Mais ces « porte-paroles » ne déforment-ils pas les voix dont ils se disent la bouche ?

Le Groupe national de concertation prison a choisi cette année de mettre en débat l’expression individuelle et collective des personnes incarcérées et de leurs familles. La nouvelle loi pénitentiaire prévoit, certes, une petite ouverture, notamment, en donnant à toutes les personnes détenues la possibilité de téléphoner, au moins à leurs proches, si elles en ont les moyens. Mais pourquoi maintenir cette interdiction de s’exprimer publiquement, individuellement ou collectivement ? Des formes de consultation institutionnalisée existent déjà au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne, … De fait, il s’établit toujours une forme de dialogue entre les personnes incarcérées et le personnel pénitentiaire.

Alors pourquoi ne pas aller plus loin en proposant des espaces d’expression au sein desquels chacun des acteurs du monde carcéral, à commencer par les personnes détenues, pourrait participer de manière responsable et y être entendu ?

Convaincus qu’une liberté d’expression constructive et respectueuse constitue le fondement de toute société démocratique, les groupes locaux de concertation prison s’efforceront, durant la quatrième semaine du mois de novembre, partout en France, de placer au cœur du débat public ce qui retient encore prisonnière la parole des hommes, des femmes et des enfants incarcérés et de leurs familles. La prison resterait-elle donc la dernière grande muette ? »

 

 

Le dossier de presse complet de l’évènement :  http://www.fnars.org/images/stories/3_les_publics/justice/17me%20jnp.pdf



[i] Union nationale des Fédérations Régionales des Associations de Maisons d’Accueil de familles et proches de personnes incarcérées.

 

Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 18:34
- Publié dans : Evènements
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