Prisons. «Les portes qui se referment...»

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Samia.jpgPar Patrice Le Berre

Le 2 juin 2009

 

Sensibiliser le public au sort des détenus et à la nécessité de préparer leur réinsertion, telle est la difficile mission du GENEPI, une association étudiante dont la déléguée régionale pour le grand Ouest, la Rennaise Samia Chakrar, 25 ans, était à Brest, samedi.



Pourquoi une étudiante telle que vous a-t-elle choisi de s'investir en faveur de la condition des détenus?
Actuellement, je suis en service civil volontaire mais c'est à Brest, il y a trois ans, que je me suis intéressée à ce sujet. J'étais alors étudiante en master d'action sociale et de santé. La situation des personnes incarcérées m'intéressait depuis longtemps. Il y avait aussi une part de curiosité. En découvrant l'existence du Genepi, j'ai décidé d'y adhérer et ça m'a tout de suite plu, d'autant que les bénévoles bénéficient d'une bonne formation...

En quoi consiste-t-elle?
En septembre, les bénévoles sont réunis à Rennes, le temps d'un week-end. On leur explique ce qu'est exactement une prison et son règlement intérieur. On aborde également l'organisation d'un atelier pédagogique et l'importance des actions de sensibilisation du public, ainsi que la façon de s'adresser à la population.

Et quelles sont vos différentes actions?
Auprès des détenus, tout d'abord, nous organisons du soutien scolaire, au travers de toutes sortes de matières, qui vont du français aux maths ou aux langues étrangères. Cela se déroule en fonction des demandes et des besoins de chacun d'entre eux. Ils s'inscrivent sur une liste qui est ensuite validée par l'administration pénitentiaire. Les seuls lieux où nous n'intervenons pas sont les quartiers disciplinaires. Quant aux actions auprès du public, elles ont lieu dans les collèges, les lycées ou par le biais d'événements comme des concerts, des distributions de tracts, etc.

Vous souvenez-vous de ce qui vous a le plus impressionnée lorsque vous êtes entrée pour la première fois dans un centre pénitentiaire?
Les portes qui s'ouvrent, puis qui se referment. Et aussi le bruit, quand on est à l'intérieur... On essaye d'imaginer ce que ressentent ceux qui y sont mais on ne peut pas se mettre complètement à leur place.

Comment vous y prenez-vous pour sensibiliser le public à la vie carcérale et à la réinsertion des détenus?
Par exemple, en demandant aux gens s'ils sont au courant du fait qu'en prison, le papier toilette est payant... Ou en leur expliquant qu'installer des écrans plats dans des cellules de 9m² est utile, parce que cela permet de gagner de la place.

Vous arrive-t-il de vous heurter parfois, parmi les gens que vous rencontrez dans la population, à des réactions d'incompréhension, voire d'hostilité, face à votre démarche?
Pour nous, il est vrai que la prison devrait être le dernier recours après toutes les peines alternatives mais, évidemment, tout le monde n'est pas très réceptif au sort des détenus. Ce n'est pas une raison pour ne pas tenter de faire évoluer les stéréotypes. Il faut réaliser qu'un détenu est une personne à réinsérer, dans l'intérêt de la société.

 

 

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  • GENEPI de Rennes
  • étudiant association Rennes Justice prison
  • Le GENEPI participe à la réinsertion des détenus en proposant des activités socioculturelles et d'enseignement dans les établissements pénitentiaires, ainsi qu'en amenant une réflexion publique sur la prison et la Justice

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