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Le Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées, une association « passe-murailles »
Plus de 63 000 personnes sont détenues dans les prisons françaises. Cet univers méconnu reste séparé de la société. Il est pourtant indispensable d’aider à la réinsertion de ces personnes incarcérées. Conscients de leur responsabilité de citoyens, 1 300 étudiants ont décidé d’agir pour la réinsertion des personnes incarcérées au sein de l’association GENEPI par deux types d’actions : l’enseignement en milieu carcéral et ma sensibilisation du public aux problématiques de la prison.
UNE MISSION ORIGINALE
Le GENEPI est une association de loi 1901 à but non lucratif, sans affiliation politique ni religieuse. Son objet est de « collaborer à l’effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées par le développement de contacts entre les étudiants de l’enseignement supérieur et le monde pénitentiaire » (art. 3 des Statuts).
Le début des années 1970 est marqué par de violentes émeutes au sein des établissements pénitentiaires. Les pouvoirs publics décident alors d’ouvrir les portes des prisons à des intervenants extérieurs. Par Lionel Stoleru, alors conseiller technique à la présidence de la République, le Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées voit le jour le 26 mai 1976. L’idée est d’instaurer un lien entre les étudiants et les personnes détenues. Les besoins en formation sont de plus très importants. Actuellement 51% des détenus n’ont pas de diplôme, 82% ne dépassent pas le niveau du CAP et le taux d’illettrisme est proche de 15%.
Depuis ce jour, ce sont chaque année plusieurs centaines d’étudiants (1 300 aujourd’hui) de toute la France et de tous types de filières qui s’engagent pour la réinsertion sociale des personnes incarcérées.
LES ACTIONS DE GENEPI
Une intervention avec le GENEPI, c’est donc avant tout une rencontre. Une rencontre entre deux univers…
Cette rencontre est rendue possible par l’existence d’un projet commun entre la personne détenue et l’étudiant. Ce peut être l’apprentissage d’une langue, le rappel de connaissances d’une matière oubliée, la découverte d’une activité nouvelle…
La diversité des compétences des étudiants permet ainsi de répondre à des demandes diverses.
On peut noter quatre domaines ou types d’interventions :
§ Le soutien scolaire, en individuel ou en collectif, dans le cadre de la préparation à un examen ou simplement d’un approfondissement.
§ Les ateliers culturels et socio-éducatifs, revues de presse, réalisation d’un journal au sein de la détention, jeux de société, cinéma, musique…
§ Les activités se rapprochant de la formation professionnelle (code de la route, retour à l’emploi et rédaction de CV, secourisme…).
§ Les activités ponctuelles. Concerts, tournois sportifs sont organisés. Le GENEPI a également organisé une campagne d’information et de sensibilisation au vote en détention à l’occasion des élections de 2007 et 2008.
Ces activités complètent les dispositifs déjà existants en milieu carcéral ; elles se déroulent aussi bien en maison d’arrêt qu’en établissement pour peines ou dans des établissements accueillant des mineurs sous responsabilité de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, auprès des prévenus comme des condamnés, des adultes, hommes et femmes, et des mineurs. En 2008, 32 400 heures de cours et d’activités ont été dispensées en détention. Cela correspond à 83 300 heures reçues par des personnes incarcérées.
C’est parce que nous considérons qu’il y a un « après » la prison, que nous organisons en milieu scolaire et à l’extérieur des évènements et allons à la rencontre de la société. Celle-ci doit être prête à accueillir des sortants de prison, pour assurer la réinsertion des personnes détenues. Ces évènements sont de différentes natures : distribution de questionnaires, ciné-débats, conférences, expositions, lectures de textes…
Nous essayons de porter une attention particulière au public scolaire et au monde professionnel.
Durant l’année 2007-2008 en milieu scolaire et dans tout le territoire, 300 interventions ont eu lieu et 7 900 élèves ont été touchés. Au niveau du grand public, 300 évènements ont été organisés dans plus de 50 villes.
ASSURER DES INTERVENTIONS DE QUALITE
De nombreux professionnels interviennent en détention. Le GENEPI, par sa composition d’étudiants jeunes et bénévoles, ne peut se substituer à eux. Pour autant, les actions menées par le GENEPI se doivent d’être de qualité. La formation des membres est donc une préoccupation constante pour notre association.
Les formations sont nombreuses, denses et obligatoires. Régionales ou nationales, elles permettent l’échange entre les membres de l’association et des professionnels. Toutes les thématiques liées au milieu carcéral sont ainsi abordées : illettrisme, réglementation et sécurité, pédagogie (interventions auprès d’un public adulte), droit et justice… Elles répondent à différents besoins : la construction d’un projet pédagogique mais aussi l’approfondissement des connaissances sur la prison et sur la justice. Ces formations permettent la cohésion de nos actions tout en mettant en valeur la diversité de celles-ci.
REFLECHIR SUR LE MILIEU CARCERAL
Conscient de la complexité du monde carcéral, le GENEPI accorde une part importante à la réflexion. Des temps lui sont consacrés notamment lors des formations où se rencontrent bénévoles et spécialistes. Ainsi les Assises nationales du GENEPI (au mois d’avril) proposent des thèmes de réflexion liés au milieu carcéral. À l’issue de ces Assises, des prises de position sont adoptées. Celles-ci servent à orienter l’action de l’association.
Dans cette même optique le GENEPI participe à différents collectifs associatifs sur les questions prison/justice. Il publie également tous les deux mois une revue, le Passe-Murailles, qui se veut être un outil de réflexion solide sur les questions sociales, pénales et pénitentiaires. Un ouvrage retraçant 30 ans de prisons autour de 30 grandes problématiques carcérales a également été récemment publié, il est disponible auprès de l’association.
LE GENEPI EN QUELQUES CHIFFRES
1 300 bénévoles qui interviennent dans 88 établissements pénitentiaires sur tout le territoire français.
64 groupes locaux coordonnés par 160 responsables de groupes.
8 délégations régionales chacune étant coordonnée par un délégué régional.
1 bureau national composé d’un président, d’un trésorier, d’un secrétaire national et de deux vice-présidents.
3 salariés.
1 Conseil d’administration : responsable du projet associatif, il oriente et contrôle l’action de l’association.
NOS MEMBRES D’HONNEUR
M. Robert BADINTER, sénateur des Hauts-de-Seine, ancien Garde des Sceaux, ancien président du Conseil Constitutionnel.
M. Lionel STOLERU, Ministre.
M. Pierre-Victor TOURNIER, Directeur de recherches au CNRS.
M. Joël GARD, ancien Directeur du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation du Calvados.
NOS PARTENAIRES
Le ministère de la Justice
Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative
Le ministère de l’Enseignement supérieur
Le ministère de la Culture
Le ministère de l’Education Nationale
Le ministère des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité
Le Conseil du développement de la vie associative
La Délégation interministérielle à la Ville
La Délégation Générale de l’Action Sociale
Le Fond Social Européen
L’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances
Le CNOUS, Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires
La Protection Judiciaire de la Jeunesse.
RENDEZ-VOUS
Septembre-octobre
Recrutement des nouveaux bénévoles
En novembre
Les Journées Nationales Prison
Des manifestations partout en France autour de la prison organisées par plusieurs associations
Février-mars
Les WERF : Week-End Régional de Formation.
Ouverts au public, ils abordent les problématiques prison-justice.
Mars-avril
Le Printemps des prisons
Des évènements dans tous les groupes locaux organisés en 2007 autour de la question « quelle prison pour demain ? » et en 2008 autour de la question « la prison et après ? »




