Partager l'article ! Des étudiants en soutien: http://www.letelegramme.com/local/morbihan/lorient/ville/detenus-des-etudiants-en-soutien-20-05-2009-387426.php?xtmc=G ...
Le 20 mai 2009
Samia Chakrar, 25 ans, est déléguée régionale du GENEPI Grand Ouest (*) depuis août 2008 après un cursus en Action sanitaire et sociale. Elle évoque les actions de soutien du mouvement né en 1976 en faveur des personnes incarcérées.
Qu'est-ce que le GENEPI ? Comment le mouvement est-il né ?
Le GENEPI est le Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées. Le but du GENEPI est d'oeuvrer pour la réinsertion du détenu. Le mouvement est né en 1976, suite aux
émeutes qui ont eu lieu en prison. À ce moment-là, les pouvoirs publics se sont dit : il faut faire quelque chose, d'où l'idée de créer un lien entre l'intérieur et l'extérieur par le biais des
étudiants. C'est Lionel Stoléru et Robert Badinter qui ont créé le Génepi à la demande du Président de la République Valery Giscard d'Estaing. Aujourd'hui, on arrive à une structure nationale de
1.300 bénévoles qui interviennent dans une soixantaine d'établissements pénitentiaires.
Quelles sont les idées forces qui sous-tendent l'action du GENEPI ?
Tous les bénévoles qui entrent au GENEPI signent une charte. Dansc ette charte, il y a les grands piliers, fondements de l'action des bénévoles. Nous avons plusieurs axes d'intervention. Le
premier grand axe, c'est l'action en détention. La plupart du temps, ce sont des cours de soutien scolaire. On peut aussi faire du tutorat, aider des étudiants détenus qui préparent un diplôme,
on propose un soutien. Le deuxième axe, c'est la sensibilisation du public: on va dans des classes pour expliquer la prison. Depuis deux ans, on a commencé des interventions en CM2, sinon on fait
beaucoup de collèges, lycées et enseignement supérieur. On peut organiser des conférences, des ciné-débats ou dans certaines villes des expositions de cellules de détenus. Le dernier axe, c'est
la formation des bénévoles.
Quel est le profil des intervenants ?
En général, c'est beaucoup de filles, 70%, voire plus. Il y a beaucoup d'étudiants qui sont en carrière sociale, en fac de lettres et pas mal en droit. Les interventions des étudiants sont
parfois en lien avec le cursus : ça peut être une personne en LEA (Langues étrangères appliquées) qui donnent des cours de langue en détention. Ce qui est important, c'est d'allier le savoir et
le plaisir. On ne lâche pas les bénévoles, on les forme en début d'année sur deux jours. La première partie de la formation, c'est l'action en détention : les règles de sécurité. La prison, c'est
une microsociété avec ses propres codes et ses propres règles. En deuxième partie, on les forme à la mise en place d'un projet pédagogique. Il faut prendre en compte le souhait des détenus que
l'on a en activité et ensemble avec le bénévole et le détenu, se donner des objectifs et un but à atteindre.
Que propose concrètement le GENEPI au sein des prisons?
Il y a deux grands types d'activités, le soutien scolaire avec les RLE (les
responsables locaux éducatifs - professeurs ou personnes détachées de l'Education nationale qui viennent donner des cours en détention) et les activités socioculturelles avec le responsable SPIP
(Service pénitentiaire d'insertion et de probation). Par convention, on intervient en binôme en face d'un ou plusieurs détenus. Quand on est sur du soutien scolaire individualisé, certains
établissements nous autorisent à intervenir seul. On fait du soutien scolaire par rapport au champ de compétences des intervenants. La fréquence des interventions, c'est une demi-journée, matin
ou après-midi par semaine. En général, les bénévoles commencent en novembre jusqu'à la fin de leur année scolaire. On essaie parfois de proposer des activités ponctuelles qui nous permettent de
faire rentrer des personnes extérieures, de faire le lien entre l'extérieur et l'intérieur. À Rennes, il y a eu des intervenants en théâtre d'impro au centre pénitentiaire des femmes.
(*) Le découpage du GENEPI est calqué sur les délégations interrégionales de l'administration pénitentiaire. Pour le Grand Ouest, il s'agit d'un périmètre allant de Caen à La Roche-sur-Yon
avec deux délégués pour treize groupes locaux intervenant dans quinze établissements pénitentiaires.




