Partager l'article ! Le Printemps des prisons: http://www.rennes.fr/fileadmin/user_upload/Telechargements/rennais/Le_Rennais_401_2_/Pratique.pdf ...
http://www.rennes.fr/fileadmin/user_upload/Telechargements/rennais/Le_Rennais_401_2_/Pratique.pdf
Propos recueillis par Florence Ach
“Difficile de sortir de prison après 20 ans, on ne sait plus très bien marcher... Évidemment, ce doit être bizarre de retrouver sa ville vingt ans après. ’’ Loïc Toupin, président du groupe rennais de l’association GENEPI, présente le Printemps des prisons, qui aura lieu à Rennes du 30 mars au 5 avril.
En quoi consiste exactement cette manifestation ?
L’objectif du Printemps des prisons est d’informer et de sensibiliser. Entre concerts et conférences, la manifestation alternera moments festifs et temps de réflexion. Il y aura divers intervenants : associations, avocats, juges... En fait, le monde carcéral est très méconnu. Nous souhaitons lutter contre les clichés. Comme le dit la psychologue Simone Buffart, on peut se représenter la prison comme un repère de criminels, de fous, presque d’animaux. On y trouve en réalité des gens qui sont humains, qui pourraient être vous ou moi, embarqués dans d’autres circonstances. La détention est simplement un moment de vie d’une personne, l’emprisonnement doit rester digne. Je garde toujours à l’esprit que je pourrai être un détenu un jour.
Quelle est la situation aujourd’hui dans les prisons ?
La prison doit être simplement une privation de liberté. Mais la réalité va bien au-delà : la surpopulation, quasi-générale en France, entraîne promiscuité, oppression, tensions, une destruction psychique et affective du détenu. Ceci est préjudiciable pour la personne elle-même mais aussi pour l’ensemble de la société. Plus nous prendrons en compte la réinsertion pendant le temps de détention, plus facile sera la sortie de prison. Or, l’accès aux soins, aux activités ou au travail reste limité. On ne peut reprocher à une personne ayant commis des crimes sexuels de ne pas s’être soigné pendant son temps de détention si l’accès aux soins était pour elle impossible ! Aujourd’hui, l’accent est mis sur la sécurité, beaucoup moins sur la réinsertion. Évidemment, tout cela risque d’éclater.
Quelle est votre action au GENEPI ?
Nous sommes motivés par l’idée que tout un chacun a le droit à une seconde chance. Nous donnons des cours, animons des activités sportives et socio-culturelles. Pour ma part, je donne des cours de vie sociale et professionnelle à un groupe de huit détenus : écrire un CV, faire une lettre de motivation, décrire le monde
de l’entreprise...




